CR 24H de Cergy

Voici un petit compte rendu des 24H VTT de Cergy 2008, épreuve à laquelle j'ai participé en solitaire avec le nom d'équipe "Gargamel".

Il est déjà bientôt 19h quand j'arrive sur le site vendredi soir. Je préfère rouler tout de suite, j'aurais assez à faire comme ça demain matin (dont dormir). J'ai bien du mal à trouver le début du circuit, les rubalises sont là mais je jardine sur tout le parcours. Les flèches au plâtre ne m'aident pas vraiment, je me rendrais compte le lendemain être passé à côté de certaines boucles... Au moins je vois à peu près à quoi cela ressemble, roulant mais de jolis passages.

Je rejoins mon camp de base à Cergy le Haut chez mon hôte Edouard, qui fera lui aussi les 24H mais en équipe, et quelle équipe, CLH! Nous passons la soirée dans le 12ème pour un anniversaire surprise, le retour en RER à 1h30 à Cergy est moins marrant. Bien fatigué par la route et la soirée, je m'endors sans souci, jusqu'à 10h30 où il commence à être temps de se lever... 13h et son briefing arrive trop vite, je suis pas encore prêt, tant pis je ferais mes sandwichs en écoutant les instructions de loin. Le règlement ne semble pas être suivi aussi pointilleusement qu'aux autres 24h que j'ai pu faire, mais je pense avoir compris le principe : pédaler, pédaler, pédaler... :)

En parlant de cela il est déjà l'heure de se mettre en ligne pour un départ type Le Mans moto. La chaleur est étouffante, je cherche l'ombre comme un autre solitaire lorrain avec qui je fais connaissance. Lorsque le décompte des 10 dernières secondes arrivent, on y est enfin, je ne peux rien faire contre la petite angoisse qui me sert l'estomac... J'essaye de garder en tête de partir tranquille, après quand même un petit sprint pour pas être trop coincé dans les premiers bouchons.

Les organisateurs nous font faire une grande boucle sur le bitume pour disperser le troupeau, je me colle dans une roue et reviens sur mon compagnon d'aventure lorrain. Les premiers tours ne permettent pas encore de se jauger, il faut donc y aller prudemment. Mais la présence d'un autre solitaire fait que l'on se suit, lui derrière quand il va moins bien, moi derrière le plus souvent... Au 7ème tour sur les coups de 17h, je change de bidon et rattrape le lorrain en bas de la descente à Juju, il a crevé... Je m'arrête pour lui filer un coup de main, son démonte pneu zefal est un peu faiblard. Mon corps en profite pour me signaler que j'ai très chaud, je suis trempé de sueur des pieds à la tête. Je bois encore, j'ai l'impression de faire que ça. Après ces quelques aventures mécaniques, on repart, mais je ne le vois plus derrière moi. Je m'arrête encore pour me soulager, toujours personne... Je continue et je ne le reverrais plus avant le lendemain.

Quand je repasse devant mon stand je ne peux m'empêcher de me mettre dans mon relax à l'ombre. La chaleur est suffocante et mon corps réagit pas très bien. J'ai aussi un ongle incarné qui s'est réveillé, je profite de cette pause de presque 10 minutes pour changer de chaussures. Je repars à peu près frais, j'ai juste oublié de remplir ma gourde... Je sens les crampes qui commencent à me chatouiller, j'arrête de tout monter sur le plateau du milieu, je fais tomber le petit dans la bosse à Juju et les deux autres petites montées.

Après 100km il est l'heure de manger, les spaghetti passent difficilement, je me force mais ne prends pas de dessert... Je repasse au stand monter les lumières et mettre mon baladeur, me voilà paré pour la nuit. Le frais arrive assez vite et je retrouve ma cadence. Je passe en mode machine, la musique m'y aide beaucoup. Le réglage du volume à portée de main me permet de l'ajuster le temps que quelqu'un double, j'imagine que c'est pas très agréable pour eux d'avoir un sourd devant... Je m'arrête régulièrement à mon stand pour diverses raisons. Je ne suis pas très organisé et je perds pas mal de temps à remplir mes bidons, trouver de quoi manger, etc. Au final quand je m'arrête je ne repose pas vraiment, mais je ne peux pas faire autrement. Lorsque je m'arrête pour vraiment manger un bout et boire un coca, il faut compter près d'un quart d'heure d'arrêt...

Juste avant de terminer mon 21ème tour, un peu après minuit, je fais un faux mouvement dans le petit raidar avant le chrono. Une cote n'apprécie pas vraiment et se met à me faire souffrir. Je m'arrête 10 minutes en espérant que cela se calme mais rien n'y fait. Je décide donc de faire une pause après mon 22ème tour chez l'ostéo. Les organisateurs ont en effet eu la bonne idée de proposer à l'école d'ostéopathie de Cergy un TP grandeur nature. Du coup la séance est assez longue, mais elle me permet de me détendre et me reposer. J'en apprendrais pas beaucoup sur la raison de la douleur, sinon que c'est certainement du à ma chute sur goudron deux semaines avant. La cote fait quand même un clonk significatif à un moment, l'inflammation ne s'est pas évaporée mais j'ai moins de mal à bouger. Je repars tant bien que mal après plus d'une heure d'arrêt, la machine se remet vite en route, la musique me pousse un peu au cul. Une brume est tombée, on y voit plus grand chose, j'ai envie que le soleil se lève... Je fais 5 tours avant de me recoincer dans la montée de la fin. La douleur est encore plus vive, je me sens pas bien du tout.

Je m'arrête et tombe sur mon matelas. Je mets mon réveil pour 6h10, soit dans un quart d'heure... J'entends mon voisin le premier arriver. C'est son premier "long" arrêt, une demi heure. Il s'arrête rarement et jamais plus de 10 minutes. Je dois en prendre de la graine si un jour je veux être moins mauvais. J'arrive à trouver une position dans laquelle je ne souffre pas. Mon réveil sonne, je décale. Il resonne, je redécale. Il resonne, je l'éteinds. Je me réveille régulièrement. Tant qu'à dormir, autant attendre le jour à 7h bien tassé. Je me lève à 7h10, je me sens toujours pas bien. Je pars faire un tour avant le petit déjeuner. J'oublie mon casque, demi tour après quelques stands, c'est peu dire que je suis pas réveillé. Mon derrière et ma cote me font atrocement souffrir. J'espère que cela passe après la première boucle. C'est de pire en pire. J'arrive en bas de la côté à Juju, je suis incapable d'appuyer sur les pédales. Mon esprit est obnubilé par la douleur. Je m'arrête après quelques mètres de montée. Je ne suis plus motivé. J'ai envie d'arrêter. Rien ne me persuade de continuer. Je cherche l'énergie pour remonter dessus et repartir, mais je n'y arrive pas. La mort dans l'âme, je passe sous la rubalise et rejoint mon stand.

J'enlève mon casque et mon sac, je vais voir si l'ostéo est par là pour lui dire que j'arrête. Je le trouve pas mais je rejoins lolofz au petit déjeuner. Je prends un café et un pain au chocolat. On est un peu désœuvré tous les deux, la nuit a été difficile... Je passe au stand d'Edouard, il est pas là mais j'annonce ma décision. Je vais quand même voir le classement, pour la première fois après 18h de course. Je suis deuxième, dans le même tour que le troisième. Le classement date un peu, le troisième doit être passé devant. Je ne réfléchis pas bien longtemps avant de décider de repartir. Je me change complètement, vide le tube de crème pour cuissard. En même temps j'écoute avec intérêt le lorrain qui a arrêté dans la nuit et qui me propose son soutien, merci! Je trouve des réserves inattendues d'énergie, à 8h je suis sur le vélo plus motivé que jamais.

Les tours s'enchainent bien, je me cale sur un programme de deux tours à l'heure, soit 12 tours avant la fin. Je suis déjà à 27 tours en repartant à 8h, je devrais en avoir 39 à l'arrivée, ce qui me parait plutôt correct. Je ne sens plus ma peine ni ma fatigue, il n'y a que ma roue arrière qui me rappelle de temps en temps que j'ai une crevaison lente. Quand j'ai un peu d'avance je m'arrête boire un coca et manger deux trois trucs. Ne connaissant pas la distance précise d'un tour, je ne me lance pas dans des calculs de tête comme j'ai l'habitude de faire pour m'occuper. Je trouve que le temps passe assez vite, le circuit étant relativement ludique et les autres participants parfois à mon niveau (la grande majorité me doublant à l'aise...). La chaleur ne revient pas, tant mieux, la pluie fait même une courte apparition. Cela ne dure heureusement pas, je suis monté en pneux été de chez été, impossible à manoeuvrer dans la bouillasse...

Ne connaissant pas le règlement exact sur la fin de la course, j'essaye de capter les bribes d'information quand je suis proche du podium. Je comprends alors que la course s'arrête quand la première équipe au scratch passe après 14 heures à l'arrivée, comme aux folies malviennes. Sachant que j'ai un petit tour d'avance au moins, et ayant atteinds il me semble mon objectif de 350km, je lève le pied pour arriver peu après 14h. Si je passe après le premier, ce serait déjà très bien, sinon j'attendrais un peu avant l'arrivée de le voir passer. J'ai fait une double erreur. Déjà la course s'arrête pour tout le monde au dernier passage avant 14h. Et deuxième erreur, le passage se compte à la borne de chronométrage (qui est quelques centaines de mètres avant l'arrivée). C'est au final assez logique, mais sur le vélo après 18h à pédaler, ma logique n'était plus vraiment la même que celle du commun des mortels! On m'a même prévenu avant que je parte pour mon dernier tour, mais je n'ai rien compris...

Je passe donc au chrono à 14h02, mon 39ème tour ne sera pas compté... Je passe la ligne d'arrivée encore au taquet, il me faudra quelques temps avant de faire descendre l'adrénaline! On se salue cordialement entre solos, on échange nos impressions mais je ne suis pas assez lucide pour tout comprendre. Et il est déjà temps de tout plier, parce que je me suis plus qu'étalé pendant l'épreuve. Ma voiture est sans dessus dessous, mes affaires sont en vrac partout et des bouteilles vides peuplent mon emplacement. Je suis loin d'avoir terminé quand la remise des prix débute. On passe juste après les premiers au scratch (quel intérêt de remettre des prix deux fois aux mêmes personnes?), je me suis à peine débarbouillé, je n'ai pas les jambes rasés et je ne suis pas en claquettes, je fais un peu tâche sur un podium mais je suis content! Je serais même rappelé par le speaker, pas pour les honneurs, juste parce que j'avais oublié mon lot...

J'arrive à tout bourrer dans la voiture et je pars dans les derniers. Heureusement mon trajet n'est que de 10km, même si je trouve le moyen de prendre la nationale vers Rouen pour aller à Cergy le Haut... La fin de journée a pour ainsi dire été très calme, en commençant par une petite sieste après une bière salvatrice. Le sommeil n'a pas été dur à trouver, rendant plus facile le réveil à 7h pour rentrer.

Je tiens à remercier les organisateurs et les bénévoles pour leur boulot incroyable (il est plus facile de pédaler que de mettre des gens d'accord...). Bravo à tous les participants, avec une mention spéciale pour les solitaires, les singlespeedeurs, les angevins et mon voisin "cap 400". Merci à mon baladeur pour m'avoir fourni du RATM en masse pendant la nuit, cela vaut tous les redbull et autres cochonneries!

Une expérience à renouveler, c'est sûr, pourquoi pas à Bonac ou aux Crapauds!

Gabriel – Sam, 06/09/2008 – 19:02

salut gap beau cr et belle

salut gap beau cr et belle mémoire ont a l'impression d'être dans l'evenement.je vois que tu roule avec un gps a tu le dénivelé d'un tour ou général?

cap 400 (non vérifié) – Lun, 08/09/2008 – 20:36

hin ?

ben t'en a bien chier :)
et RATM ça vaut effectivement tous les red bulls et autres bullshits au guarana ou chais pas quoi :)

prochaine fois on les fait en duo tu serais moins mort, mais on finira dernier :)

fallait qu'j'en prende ?

KmiZole (non vérifié) – Dim, 07/09/2008 – 19:30

Ben tiens

maintenant tu fais ce qu'ils t'ont appris
maintenant tu fais ce qu'ils t'ont appris
maintenant tu fais ce qu'ils t'ont appris
maintenant tu fais ce qu'ils t'ont appris
maintenant tu fais ce qu'ils t'ont appris
maintenant tu fais ce qu'ils t'ont appris!!!!!!!!

Si on se faisait un Ile de Groix 2? Ou un truc qui ressemble quoi!

SnipFinfin (non vérifié) – Lun, 08/09/2008 – 08:49
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